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Communiqué zépétiste

Iran : stop à la répression :

dimanche 28 juin 2009, par Benji

Communiqué de la ZEP du 26 juin 2009 concernant la situation en république islamique d’Iran depuis les élections présidentielles du 12 juin 2009, qui ont reconduit au pouvoir Mahmoud Ahmadinejad malgré de forts soupçons de fraudes électorales massives :

Depuis la réélection du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad, le 13 juin dernier, des manifestations se sont multipliées à travers le pays pour dénoncer cette « mascarade électorale » et des millions d’Iraniens sont descendus dans la rue, aux cris de « where is my vote ? » (Où est mon vote ?). Face à l’ampleur d’une contestation inégalée depuis les manifestations étudiantes de 1997, et sans doute aujourd’hui depuis la révolution iranienne de 1979, le pouvoir iranien, campé sur une position très ferme de soutien total à Ahmadinejad (c’est le cas en particulier de l’Ayatollah Khamenei, guide suprême et véritable chef d’Etat iranien, gardien de la doctrine du « Velayat-e faqih », « gouvernement du docte », fondement de la république islamique d’Iran) s’est livré à une féroce et scandaleuse répression.

Il y a des dizaines et des dizaines de victimes tués au cours des manifestations, (le pouvoir en reconnait officiellement 17) et des centaines d’arrestations dont, d’après les autorités, 457 personnes à la suite des manifestations très violentes du samedi 20 juin dans les rues de Téhéran. Parmi ces personnes on compte de très nombreux responsables politiques, universitaires, étudiants et journalistes. Les interpellations sont également nombreuses dans des villes comme Tabriz ou Shiraz. Les communications sont coupées et l’Iran est devenue depuis ces élections la plus grande prison au monde pour les journalistes, devant la Chine.

Alors que le taux de participation aux élections présidentielles iraniennes s’est élevé à 80%, montrant l’ampleur des attentes du peuple iranien et sa volonté de participer au processus démocratique, les résultats des élections, largement tronqués (de nombreuses preuves peuvent aujourd’hui étayer cette affirmation), suivis par une vague de répression extrêmement violente, de la part notamment des bassidji ( les centaines de milliers de miliciens zélés du régime iranien,), ont entraîné une immense déception et une frustration porteuses de dangers pour l’avenir du pays, de la région et du reste du monde.

Les courants politico-religieux conservateurs, que représente Ali Khamenei, et leurs alliés radicaux-et démagogues dont Ahmedinejad est l’expression, contrôlent aujourd’hui le cœur du pouvoir de la république Islamique et les organes de répression. Ils veulent étouffer toute contestation politique ou sociale, y compris au sein du système, comme le montrent les arrestations de responsables politiques et religieux proche des candidats réformateurs à l’élection présidentielle Moussavi et Karoubi. Cela signifie que les auteurs du « hold up électoral » ne s’attaquent pas seulement à des mouvements contestataires comme certains groupes étudiants ou féministes, dont l’audience dans la société est réelle mais qui ne constitue pas une menace pour la république islamique. Ils s’attaquent aussi à des forces politiques et sociales centrales dans la société de l’Iran d’aujourd’hui. Dans une telle situation le bloc Khamenei-Ahmadinejad au pouvoir risque fort d’accentuer le caractère brutal et totalitaire d’un régime en guerre avec sa société.

Les menaces d’intervention militaire proférées en permanence par l’Etat d’Israël, introducteur de l’arme nucléaire dans la région, et hier par l’administration américaine de Georges W Bush, les attaques anti-chiites incessantes des régimes dictatoriaux pro-occidentaux arabes, Egypte et Arabie Saoudite notamment, ont servit par la passé au bloc Khamenei-Ahmadinejad pour renforcer sa mainmise sur l’Iran au nom de « la patrie en danger ». Ces derniers reprennent aujourd’hui cette rhétorique, tandis que le gouvernement Netanyahou comme les dictatures égyptiennes ou saoudiennes se réjouissent ouvertement du maintien de leur « meilleur ennemi » qui les dispense au nom « de la menace islamiste chiite » de toute action de leur part pour la paix ou la justice. Le peuple iranien a besoin de notre solidarité, efficace, concrète et durable, pas d’une croisade aux coté d’un Moubarak ou d’un Lieberman !

Face à cette situation, la ZEP (Zone d’écologie populaire) :

- soutient les manifestants qui dénoncent la fraude et exige la tenue de nouvelles élections sous égide d’observateurs internationaux mandatés par les Nations Unies

- dénonce fermement la répression à l’encontre des manifestants pacifiques qui contestent les résultats des élections

- exige la libération des journalistes et militants arrêtés pour avoir seulement voulu s’exprimer

- exige des sanctions européennes et internationales ciblées contre le bloc au pouvoir responsable de cette sanglante répression

- exige que l’Europe accueille sans sourciller les réfugiés iraniens fuyant la répression et abatte à l’occasion les murs de sa forteresse Schengen.

http://zonedecologiepopulaire.org/

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